Les chaussettes impressionnent parce qu’elles utilisent des techniques qu’on ne croise pas dans les écharpes et les bonnets : tourner un talon, relever des mailles de gousset, fermer la pointe au grafting. Mais chaque partie d’une chaussette est assez simple séparément. La complexité vient de la façon dont les morceaux s’enchaînent, pas du tricot lui-même.
Une chaussette tricotée a six parties (bord, jambe, talon, gousset, pied et pointe) et peut se construire soit du haut vers la pointe, soit de la pointe vers le haut. Comprendre l’anatomie rend n’importe quel modèle de chaussettes beaucoup moins mystérieux.
Les parties d’une chaussette
Toutes les chaussettes ont les mêmes sections, quelle que soit la méthode de construction :
Bord. Le haut, généralement en côtes 1/1 ou 2/2 pour tenir sur la jambe et empêcher la chaussette de tomber. Souvent 2,5 à 5 cm pour des socquettes, plus long pour des chaussettes mi-mollet ou hautes.
Jambe. Du bord au talon. Peut être en jersey, en côtes ou en motif. La longueur va de presque rien pour les socquettes à 15 cm et plus.
Talon. La partie façonnée qui enveloppe ton talon. C’est là que la construction devient intéressante.
Gousset. Sections triangulaires de chaque côté du pied qui passent du talon plus large au tour plus étroit du pied. Tous les types de talon n’en utilisent pas.
Pied. Le tube qui couvre la semelle et le dessus du pied. Souvent jersey sur la semelle, motif qui continue sur le dessus. La longueur dépend de la mesure du pied.
Pointe. Façonnée avec des diminutions pour fermer le tube. Généralement terminée au point de grafting (Kitchener stitch, qui crée une fermeture invisible) ou par une fermeture froncée.
Du haut vers la pointe ou de la pointe vers le haut
Deux sens de construction.
Du haut vers la pointe commence en haut et se tricote vers les orteils. C’est l’approche traditionnelle. Monter les mailles au bord, tricoter la jambe, tourner le talon, relever les mailles de gousset, tricoter le pied, former la pointe, fermer au grafting.
Avantages : construction de talon très documentée, sens intuitif. Inconvénients : l’essayage en cours de route est moins simple, et si tu manques de fil, tu es à la pointe sans moyen d’ajouter de longueur.
De la pointe vers le haut commence à la pointe et remonte vers le bord. Monter avec une méthode spéciale (Judy’s Magic Cast On est la référence), tricoter le pied, faire le talon, tricoter la jambe, rabattre avec un rabattage extensible.
Avantages : tu peux essayer au fur et à mesure, et utiliser chaque dernier mètre de fil en continuant la jambe jusqu’à la fin de la pelote. Inconvénients : les talons toe-up sont des techniques différentes des talons top-down, et le rabattage extensible du bord demande de la pratique.
Aucun sens n’est meilleur en soi. La plupart des tricoteuses essaient les deux et choisissent leur préféré. Les modèles précisent le sens utilisé, et changer de sens oblige à retravailler le talon.
Types de talon
C’est la section qui crée le plus de variantes et d’avis chez les tricoteuses de chaussettes.
Talon à rabat et gousset. Le classique. Un rabat rectangulaire est tricoté en aller-retour sur la moitié des mailles, puis le talon est tourné avec des rangs raccourcis sous le talon. Les mailles sont relevées le long des côtés du rabat pour créer le gousset, qui diminue ensuite jusqu’au tour du pied. Solide, bien ajusté, facile à renforcer avec un point de mailles glissées.
Talon en rangs raccourcis. Pas de rabat, pas de gousset. La forme est créée entièrement par des rangs raccourcis qui forment une coque. Plus rapide, utilisable dans les deux sens. Ajustement un peu différent : moins de couverture au talon, ce que certaines personnes préfèrent et d’autres non.
Fish lips kiss heel, afterthought heel et autres. Il existe beaucoup de variantes. Chacune tombe un peu différemment. Pour une première paire, le talon à rabat et gousset est le plus tolérant et le mieux documenté.
Fil pour chaussettes
Le fil à chaussettes est une catégorie à part. Généralement fingering (catégorie CYC 1), mélange laine et nylon, souvent 75/25 ou 80/20. La laine pour la chaleur et la douceur. Le nylon pour la solidité au talon et à la pointe, là où le frottement est le plus fort.
Le fingering est standard parce qu’il donne un tissu fin et confortable qui rentre dans les chaussures. Le DK ou le worsted donne des chaussettes plus épaisses, qui demandent des chaussures plus larges. Certaines tricoteuses aiment les grosses chaussettes d’intérieur en bulky, mais ce sont des chaussettes de détente.
Le superwash est standard parce que les chaussettes se lavent souvent et que la plupart des gens veulent un lavage en machine. Le non-superwash est possible, mais cela veut dire lavage à la main à chaque fois.
Métrage : une paire de chaussettes adulte moyenne en fingering utilise environ 320 à 365 m. La plupart des pelotes de fil à chaussettes contiennent 365 à 400 m, ce qui donne une paire dans une pelote avec un peu de marge.
Aiguilles pour chaussettes
Ce sont de petits tubes, donc il te faut des aiguilles doubles pointes (jeu de 4 ou 5), une longue circulaire pour magic loop, ou deux petites circulaires.
Taille d’aiguille standard pour un fil à chaussettes fingering : 2,25 à 3,25 mm, selon ta tension. Tricote un échantillon pour trouver la tienne. Le tissu de chaussette doit être plus dense qu’un jersey ordinaire, parce que les chaussettes subissent frottements et poids du corps.
Compétences à avoir avant de commencer
Les chaussettes réunissent plusieurs techniques :
- Tricoter en rond (aiguilles doubles pointes ou magic loop)
- Côtes (pour le bord)
- Construction du talon (rangs raccourcis ou rabat de talon)
- Relever des mailles (pour le gousset, expliqué dans le guide pour relever des mailles)
- Diminuer (façonnage de la pointe : 2 m. ens. à l’endroit et ssk)
- Point de grafting / Kitchener stitch (fermeture de la pointe, ou pointe froncée comme option plus simple)
Si tu as déjà tricoté un bonnet en rond et que tu sais faire des diminutions simples, tu as déjà la plupart de ce qu’il faut. Le talon est la nouveauté, et cela vaut la peine de l’apprendre en vidéo la première fois. Les explications écrites d’un talon peuvent sembler opaques tant qu’on n’a pas vu le mouvement.
Le syndrome de la deuxième chaussette
L’expérience la plus universelle du tricot de chaussettes : finir la première et perdre toute motivation pour la deuxième. La première était une aventure. La deuxième ressemble à une corvée.
Certaines tricoteuses contournent ça en tricotant deux chaussettes à la fois, sur deux circulaires ou en magic loop. D’autres avancent simplement quand même. Pas de vraie solution psychologique, mais savoir que ça arrive aide.
FAQ
Les chaussettes sont-elles difficiles à tricoter ?
Les techniques séparées ne le sont pas. Le talon demande de suivre attentivement le modèle la première fois. Après une paire, cela devient routinier. Beaucoup de tricoteuses de chaussettes les trouvent méditatives une fois le modèle intégré.
Peut-on tricoter des chaussettes sur aiguilles droites ?
Pas vraiment. Les chaussettes sont des tubes. Tu peux tricoter des pièces à plat et les coudre, mais les coutures créent des surépaisseurs inconfortables à l’intérieur. La construction en rond est fortement recommandée.
Comment savoir quelle taille tricoter ?
Mesure le tour du pied au point le plus large, au niveau de la plante. Le tour fini de la chaussette doit être environ 10 % plus petit (aisance négative), parce que le tissu s’étire pour épouser le pied. La plupart des modèles donnent les tailles à partir de cette mesure.
Mes chaussettes s’usent au talon.
Renforce le rabat de talon avec un point de mailles glissées (glisser une maille sur deux sur les rangs endroit). Cela double le fil à la surface. Certaines tricoteuses tiennent aussi un fil de renfort avec le fil principal pendant la section du talon.